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9 février 2022

J’abats plus de mugs que de combats

 Je suis la meuf que le padre vomit, je suis tiède, j’suis pas intéressante, j’suis pas artiste, je n’ai pas de caractère trempée, je ne gueule pas, je suis comme il faut, ni trop ni trop peu, je suis féministe de totebag, je suis la bourge catho,  je suis un sale boulot, je suis de l’autre coté du bureau, je suis des gens, je n’ai aucune solution face à la vie dégueulasse, je veux plus de fric, je ne veux plus taffer, je travaille beaucoup, je ne travaille pas du tout, je suis transparente dans les rues, je suis la gouine de la voisine, je n'ai pas la rime, je n’ai pas de personnalité, je suis un salon dans la rue, je suis  en travaux perpétuels, je suis une tasse fêlée, j’aime les mugs, j’accumule plus de mugs que de combats,

je suis la tiède que le padre vomit

je ne suis pas  une Milady

je suis une voleuse, je suis une pilleuse

je suis du midi, fin c’est ce que je vous dis

je suis partie, la meilleure chose de ma vie

C’est vrai j’ai peur de dire vrai, je dit trop, je sais tout, je suis madame je sais tout, je suis madame j’ai peur de tout, je ne suis pas une artiste, je suis une mère de famille, je suis sans mes enfants, je suis mère à quart temps, je suis la mauvaise mère, je suis la mère compréhensive, je suis la mère qui sait tout, je suis si intelligente, je suis si bête, je suis perdue dans ma cuisine, je suis devant mon ordi, je ne suis pas dans cette réunion parce que je suis dans l’autre, je suis un fantôme, je suis en fuite, je suis cassée au fond de la cave, je suis une façade, je suis sans maquillage, je fantasme devant le fard à paupière, je suis ultra sexuelle, je suis une loque, je suis frigide, je suis un frigidaire trop plein, j’ai un frigidaire toujours vide, je suis les papiers administratifs au fond de ma poubelle,

je suis une gouine avec ma voisine

je suis duper dans ma cuisine

j’abats plus de mugs que de combats

j’ai péché mon père dans la gova

Je suis une chouineuse, je suis une meuf dans le train, je suis une doudoune grise, je veux en faire trop, je n'ai pas le flow, je suis un caméléon sans place, je suis une vitrée bisée, je laisse passer la lumière, je suis le mégaphone des conneries du temps, je suis persuadée d’avoir la vérité, je suis si originale, je suis si banale, je suis une chatte noire, je suis la procrastination, je suis beaucoup trop longue, je ne suis pas écrivaine, je suis en colère, je suis en colère, je suis la colère,  je m’y perds dans mes colères, je ne suis plus catho, je ne suis pas si féministe, je suis dégoutée, je suis vieille, tu fais pas ton âge, je suis les sciatiques qui guettent leur jour de chance, je suis les rides qui attendent le crépuscule, je suis un mascara perdu dans mon sac à main

je suis la tiède que le padre vomit

je ne suis pas  une Milady

je suis une voleuse, je suis une pilleuse

je suis du midi, fin c’est ce que je vous dis

je suis partie, la meilleure chose de ma vie

 Je ne suis pas drôle, je suis sarcastique par écrit, je suis nulle en vraie vie, je suis transparente, je ne suis pas Milady, je ne suis pas une dame, je ne suis pas BCBG, je ne suis pas fascho, je ne suis plus cheveux bleu, je suis cheveux blancs, je suis déjà trop tard, je n’assume pas, je veux plaire, je veux plaire à tout le monde, je ne suis pas assez barrée, je suis pas assez bardée de diplômes, je ne suis jamais assez moi-même, je ne suis pas une artiste, je suis la courbe de ton cul, je suis une voleuse, je suis une pilleuse, je suis une conférence avortée, je suis paresseuse, je suis trop longue, je suis trop grosse, je suis normale, je suis banale, je suis guérie du cancer, je suis remise du sang, je suis ventre malade, je suis vergetures, je ne suis plus la jeunesse, je suis cougar, je suis le patriarcat et les compromis, je suis capitaliste, je ne suis pas anarchiste

je suis une gouine avec ma voisine

je suis duper dans ma cuisine

j’abats plus de mugs que de combats

j’ai péché mon père dans la gova

Je n’ai plus de mari, je n’ai plus de mère, je suis nulle en musique, je suis sensible comme une meuf, je suis une suiveuse, je suis dégoutée de n’être que moi, je suis en quête de reconnaissance, toute ma vie, je suis cassée du cœur, je suis abandonnée, je suis du midi, enfin c’est ce que je dis, je suis des larmes, je suis fissures, je suis la fuite, je suis comme toutes les autres, je suis exploitée, je suis en colère, je suis prise au piège, je suis la seconde d’un couple hétéro, je suis ma crush sans le lui dire, je suis silencieuse, je ne suis dans ma grotte, je suis charlie, je suis les émotions du moment, je suis prise par la lumière des néons, je suis consommatrice, je suis trop de chaussures, je ne suis pas bio, je ne suis pas si bien, je suis sensible à l’égalité, je suis sensible parce que je suis une meuf, je n’ai aucun avis, je ne lis même pas assez, je ne suis pas spécialiste, je suis un numéro de sécu

je suis la tiède que le padre vomit

je ne suis pas  une Milady

je suis une voleuse, je suis une pilleuse

je suis du midi, fin c’est ce que je vous dis

je suis partie, la meilleure chose de ma vie

Je suis amoureuse de ma crush, je suis respectueuse, je suis perdue, je suis trop longue again, je suis écriture automatique, je suis égocentrique puisque je suis une meuf, je suis vénale, je suis sous-payée, je suis une mère, je n’irais pas à Chicago, je suis au bureau entre deux barres de HLM, je suis en salle de pause, je suis malaisante, je suis du bon côté du bureau aujourd’hui, je ne suis ni bonne ni mauvaise, je suis crvée, je suis trop tard, j’ai raté ma vie, je suis dérangée par mes enfants, je ne suis pas aller au marché, je suis en colère, je ne suis pas ma mère, je suis blanche, je suis valide, je suis privilégiée, je suis divorcée, je suis partie, la meilleure chose de ma vie

je suis une gouine avec ma voisine 

je suis duper dans ma cuisine

j’abats plus de mugs que de combats

j’ai péché mon père dans la gova

Je suis un vase fêlé à vie, je suis une enfante délaissée, je suis une enfance fracassée, je suis une pensionnaire, je suis jupe bleue marine, je suis foulard sur la tête, je suis à confess, j’ai péché mon père, pardonnez-moi, j’ai été trop bavarde au dortoir, je suis la culpabilité à vie, je suis fleur bleue, je suis romantique, je suis extraordinaire dixit ma go

19 janvier 2020

Rentre normal

Rentrer, pourquoi rentrer, toujours rentrer chez nous, le même couloir, le même immeuble, les mêmes voisins qui scrutent nos fait et gestes, œil de judas par l’entrebâillement de leur vie, je ne veux pas ni la moquette, ni l’ascenseur qui clignote, monte et descend, tous les jours, je fais ça tous les jours. Là c’était semblant de sortir, semblant de rentrer parce que c’est chez nous, c’est à deux, on est collé pour la vie à deux, c’est ainsi pour tous les jours, descend et monte, c’était le soir de sortir alors j’ai mis mes collants bizarres -moi je les aime bien- ceux que les autres trouvent bizarres alors que je suis tellement normale, si normale que dans la rue tu m’oublies en me croisant, tu oublies mes collants et moi j’oublie la moquette du couloir, mais c’est lui que je voudrais oublier, lui qui m’aime normale, qui voudrait que je sois encore un peu plus normale avec des collants comme il faut et une robe pas trop courte mais je dois être jolie et l’exciter et lui faire des papouilles dans la chambre avec un dessus de lit blanc cassé. J’ai tout fait bien, le lit avec un dessus de lit en acrylique, une cuisine et une salle de bain avec un mari dedans. Il met des cravates rouges, il dit que ça fait original et il veut une table bien dressée avec des verres en cristal, une nappe et une carafe et du vin carafé c’est comme ça qu’il faut faire, je dois prendre soin de lui, de son intérieur et de ses vins. Il est gentil et banal et gentil, il paye ses PV mais il n’en a jamais, il est un bon cadre employé dans une bonne boite comme il dit. Il est n’est pas parfait, il dit, parfois il traine à la machine à café mais il est gentil et banal et normal toute sa putain de vie. Et parfois je ne veux pas alors il me force un peu, en disant qu’il est gentil, il mérite bien ça, il me traite bien, il ne me frappe pas, il n’élève pas la voix, il est un type bien pas comme les gros tocards ou les grands malades mentaux machos, c’est un type bien avec une cravate rouge un peu originale mais il est gentil lui, je ne pourrais pas être normale pour une fois, les couples font ça dans leur lit -en enlevant le couvre-lit- après une soirée à l’extérieur de leur appartement, c’est normal je suis un homme après tout, les hommes ont des besoins c’est normal alors je le laisse faire, je pleure, il ne voit pas les larmes que l’oreiller absorbe, je fais la marionnette de chiffon, je ne veux pas, je fais semblant, mon corps de chiffon, il manipule, il veut mettre son sexe, ma volonté de chiffon parce que c’est normal les hommes ont des besoins

Alors
Un jour
Dans la salle de bain
Une dernière fois prendre soin de lui
L’embaumer

On me traitera d’hystérique. Puis la vie redevient normale, ma moquette, le couloir, la cuisine, la table dressée, la poupée de chiffon, le ramener de ses ivresses, prendre soin de sa cravate rouge.

Alors
Un jour
L’étrangler
Au petit déjeuner

On me traitera de bizarre, sauvage. Puis le plafond redevient normal, plat, la moquette, le plancher qui grince, le lit qui grince et moi qui ne veut pas.

21 juillet 2019

ET maison


Au détour des routes, le chemin est au passé. Les bas-cotés sont en jachère. Les plantes ont pris leur liberté le long des chicanes. J’ai dit : c’était ici. J’ai tourné le volant. Une barrière posée de traviole bloque l’entrée de l’impasse qui court vers la prison détruite. J’ai tourné le volant. Des herbes folles mangent le bitume que je reconnais. Là ! Des gilles vertes jaillissent de derrière des bosquets sauvageons. Fermées, colossales, elles brisent le ciel. Je ne les connais pas. Elles enferment des bâtiments tout neufs,  rigides et blancs. Je continue tout droit, lentement. Elle est là. Rien à changer. La pelouse est toujours aussi brûlée. Plantés au milieu une balançoire et des fils à linge défient le vide entretenu. La porte est identique. Il dit : vous deviez bien vous amuser dans les arbustes, tout au fond du jardin. J’entendais ma sœur, la petite, l’étrangère, celle qui ne s’est pas mariée. Elle s'est tue. Je ne voulais plus entendre les cris de ma mère, dans l’entrée, juste avant de partir, tous les matins où je n’étais pas absente. Ils m’avaient envoyée loin. Je voudrais que ces cris ne fussent jamais et que les cartables fussent ailleurs. Il aurait fallu que ma chambre fut un havre de paix. Il y eût mes fantasmes secrets et ma première radio, oreille sur le monde. Elle parlait tout bas pour que la mère ne l’entende pas. Parfois, elle poussait la porte de la chambre. Il ne fallait pas qu’elle entende les mots du monde sinon elle disait que c’était le mal. Alors, je tendais l’oreille entre le monde et le silence, entre la mère et ses entrées, le doigt sur le bouton du radio cassette. Il eût le premier amoureux enfermé dans ma chambre, celle à côté de la porte d’entrée qui n’a pas changée. Le portail est neuf. Le jardin est un désert. Il fallait partir. 

Il faisait nuit quand je suis arrivée la première fois. Je laissais un amoureux secret qui ne le savait pas. La mère n’en savait rien non plus. Elle ne voulait rien savoir. Elle ne veut rien savoir de mes amoureux. Elle s'est moqué du premier sur lequel a coulé l'eau des ponts. Elle a ignoré le second, yeux croisés au détour d'une table de communion. Elle n’aimait pas celui-là avant qu’il ne soit mari. Elle en a dit du mal. Elle a dit du mal pour protéger du mal. Elle ne veut pas savoir l'amoureux de ma sœur, celui qui souffre de son absence soudaine. Tout au bord du canal, j’emmenais le fiancé pour regarder le soir qui se couche puisque nous ne couchions pas. De l’autre côté de la rive a poussé un incinérateur. 

J’ai fait demi-tour devant la maison qui n’a pas bougé d’un pouce. Les mauvaises herbes sont sur les trottoirs. Elles tiennent conseil. Là derrière l’arrêt de bus, au fond des bosquets du bord de route, reculés et sordides, deux jeunes hommes mirent leur nudité sous mes yeux. J’avais essayé de le dire à la mère. Ce fut un non fait. Alors je me suis mise à parler beaucoup, pour ne rien dire, pour déblatérer des banalités, les seules qu’on ne peut réfuter avec la bonne parole. J’ai parlé pour plus jamais rien dire. J’ai tourné le dos au chemin. Puis, face à l’abri de bus désaffecté, j’ai dit : c’était chez moi. J’ai tourné à gauche, le long des herbes folles, jusqu’au rond-point tout neuf.

3 avril 2019

Mots d'amour

il faut écrire les mots d'amour
avant qu'ils ne s'en aillent
pour y croire un peu
sous les soleils
avant les climats trop chaud

il faut les écrire
quand les lèvres ont la clef sous la porte
il faut les décrire dans un sourire
sans phrase
c'est un peu tarte les mots sans abricot

il faudrait les dire contre le vent
sous la marée
entre les grains de sable du tapis de voiture
il faudrait les hurler au vent

ils suivent les courants d'air
il jouent le long du mur
le vent les ramène les ailes déployés
ils saisissent les bourrasques 
tout près les uns des autres sans se heurter
il faudrait les soupirer

Je n'ose pas toucher leurs ailes

26 octobre 2018

Voyage voyage

Le voyage semblait mener quelque part, un paradis perdu dans l'avenir. Pour y aller, nous passions du temps à faire un baluchon. Nous y mettions des compétences et des rêves, d'aucun y ajoutait des normes et des croyances, d'autres encore recoupaient nos rêves à taille réelle. 

Pour s'envoler à bord de nos montgolfières lentes,  nous avons lâché du lest, nous avons jeté par-dessus bord les encombrants. Nous avons appris recycler les normes. Le voyage n'avait qu'une seule destination commune. Nous n'avons pas vraiment le choix du chemin. Quelques pas nous appartiendront.

25 octobre 2018

Vie de rôle

Sur un banal canapé , avec de petits trous blancs
J'ai usé mon cœur à distance prudente
pourtant
J'ai écouté le concret des jours, de la pluie jusqu'au beau temps
Les toiles d'araignées sont devenus des familières

Au détour d'une table, je l'ai suivi jusqu'au dragon rouge
Comme son sweat
Un peu bordeaux avec une fermeture éclair argentée
Ben le harpeur, flamboyant et futile
Séduisant dans sa harpe
Conteur des heures à rêver
Que voulez-vous, demande l’herboriste ?
De l'herbe

Dans mes songes les revenants sont des vies avec du travail dedans des voiles au vent un duo de sœurs gardiennes des mœurs une enfante souriante un passé au présent.
Au concret des songes, une bande de lit était mon chevet, un souffle irrégulier mes points de vie, mes pensées les laisser passer, mes amours de 40cm sur 2m. Je songe ce petit matin tandis que la lumière clignote au plafond. Intermittence des sentiments. 

Sur ce canapé élimé où des morceaux de chips remplissent les creux
Une tâche de fluide sur un t-shirt bleu
Une date de naissance
Un grand café dans le mug de la veille
Pour réveiller les matins trop courts


25 janvier 2018

Eté

Le pastis coupé d'eau, l'anis pour noyer la main, la fourchette levée attendait le plat sans fin, terrasse seule dans la nuit sans pluie. Il ne fait pas froid, la foule entre et danse, il ne fait pas froid. La main avait capturé le rempart, la main glissée dans la nuit, la main bleue au-dessus du poteau. Il ne fait pas froid. Il a fait couler le pastis de ses yeux compassés. Les terrasses ne sont pas seules au bord des gares.  La chambre nue est bleue jusqu’aux murs qui se noient dans la cour. Le verre est vide, la foule sort et appelle un taxi.



25 juin 2017

Culottes sur fil vert

Une culotte après l'autre une pince à linge le fil vert une culotte après l'autre dans le vent ils sont en retard ce n'est rien qu'une pince à linge blanc ouvrir fermer fil vert le vent va séché tout cela ils ne reviendront pas ils sont tous morts la voiture détruite leurs culottes devenues inutiles ils sont morts il en reste un on vendra la maison on ira habiter loin dans la ville verte avec des collines et des arbres et de l'eau au milieu, une pince à rouge, elles sont toutes rouges ces pinces à linge une culotte blanche sur le fil vert le vent dans les cheveux les jambes restent stables les chatons noirs jouent le vent fait du bruit ils sont morts plus de culottes juste celles qui resteront moins de pince à linge plus de jardin on vendra la maison inutile vite on donnera le linge propre aux autres on videra la maison on videra cette vie avec l'unique celui qui reste on partira ils sont tous morts d'une culotte à l'autre sans répit ils vont revenir espoir envolé dans les feuilles vertes

10 juin 2017

Venter

A fond de cale, elle s'accroche du lever de la nuit aux respirations du soleil. Elle disparait aux heures chaudes, surgit dans le lit de quinze heures, s'évanouit sous les doigts. L'eau est silence. A fond de cale, elle enchaine les espoirs. Elle imagine des lendemains au cœur de cyclone. Ils pleureront tous, ils souffleront sur la tempête comme une huile brûlante. Ils venteront les règles, les déesses des flots. A fond de cale, la liberté possède le mal de mer.

6 mai 2017

Urnes

Ce ventre comme un radeau échoué sur mon corps encombré de sucres encore encore et encore peut-être trouble alimentaire ou peut-être le xanax des autres mon bulletin ou non entre deux urnes qui puent
Mes seins contre mon ventre le bouton qui ne se ferme plus la bague qui ne s'enfile plus ni par monts ni par vaux peut-être dans des urnes va vomir l’impensable alors mon ventre douloureux à la pression des doigts savants sachant derrière avant les horreurs pour que demain tu sais demain les espoirs heureux non tu ne sais pas moi non plus
Mon ventre déborde de moi même ma chaise n’accueille plus les chairs c'est faux il y a des anorexies depuis longtemps je me remets des nourritures trop avalées demain ça ira l'alcool tu arrêtes c'est difficile le tabac aussi le manger toujours tu vivras le manger toujours obligé pour survivre l'urne aussi
Ma tête raconte le gras déborde des neurones sous la table contre la table enchâssée entre la fente tu enserreras moi aussi le mensonge dans l'urne plus de malades plus de troubles plus d'aliments éliminer ceux qui coûtent chers les poids les gros poids les handicapés les chômeurs les poids les vieux sale engeance de l'argent elle a dit plus des autres étranges plus de barbares barbus pléonasmes des temps anciens rentrés dans les urnes les autres c'est eux qui puent pas nous les gros moches c'est pas nous
Indigestion de pognons indigestion de peur de l'autre Mon ventre déborde sans savoir derrière après l'avenir même entre la grosse fente ma main ne passe plus presque plus c'est l'alarme mais où arrêter  aliments et méchants ?

1 avril 2017

Quelle merde ! Psychiatrie



Ils disent de la merde elle sort par les trous de nez ils suent merde elle reste collée à leur mémoire Pavillon 5 Pavillon 7 leur métier c’était être dans la merde jusqu’au cou Celle-ci se roule dans le caca le sien celui des autres elle aime celui des grands-mères elle les poursuit jusque dans leur couche Celui-là dit bonjour en collant une merde dans la main le bizutage pour les nouveaux bonjour rire fou la merde noire la merde verte luisante collante incontinente splaschh dans les yeux comme ça sans prévenir l’eau était froide dans le pavillon Les fous c’est la merde ils rient ils se défendent contre le caca l’odeur pendant des jours dans le nez le plis des aisselles même avec des gants pour nettoyer le caca des fous elle le prend directement dans les toilettes et elle mange sa merde et celle des autres aussi de grands sauts d’eau froide pour rincer le sol la porte ouvert la merde dans la cour dans l’égout enfin le temps n’est pas si loin de toute cette merde maintenant camisole chimique Pour le caca il y en a encore on les appelle ici les pipis il faut transporter les pipis l’ammoniaque acide au réveil quand on ouvre la porte de la chambre la couche pleine on fait semblant de ne pas la voir on la laisse au suivant qui n’est pas dans la merde pas encore le suivant râle ce n’est pas sa merde à lui Le précédant n’a qu’à se démerder tout seul ils parlent moins de caca car ils travaillent encore le nez dedans et les mains près des couches souillées c’est plus propre souillé ou elle avait partout sur elle c’est plus propre les anciens ils rient des merdes passées elles sentent encore La jeune ne comprends pas que c’est vrai qu’ils rigolent mais c’est vrai elle aussi nettoie les sols souillés de la merde des visiteurs et des patients mais ces merdes là c’est dans le sens second elle nettoie les toilettes aussi il y a des virgules sur les murs ou des indélicats sans brosse à merde on laisse sa merde aux autres aux plus pauvres que soi aux fous aux autres qui ne sont pas comme nous nous est pas dans la merde pas comme eux mais c’est pas grave eux ça leur fait rien la merde dans leur couche ou dans leur main ils ne sont pas comme nous ils ne comprennent pas ils ne sont pas éduqués ils peuvent bien faire un boulot de merde ce n’est pas grave. Quelle merde !