30 juillet 2016

Tributaire

Au début poisson Tu t'ébats
Au début sans air
Tes bras, tes membres
En colère Tu te débats

La main te regarde
C'est la nature
La main dit
ça va passer
Tu es gluant pourtant poisseux sale tes écailles déjà ont perdues la couleur

Peu à peu
Secondes à secondes
Interminable langueur
Tes ébats rompus
La lenteur dans ton sang
Tu ne sens plus rien
Ni l'eau vive ni le vent

La main attend l'apaisement
C'est normal Petit poisson
L’asphyxie passe tu sais

Flop
Dans la nasse
Flop avec les autres dans le grillage
De l'air enfin, tu vois la rivière tu crois tu y es encore
Tu crois que tu y vas encore
C'est normal les autres aussi
Flop flop flop flop
C'est petit dis-tu
Et les grenouilles pondent des œufs

Le sang est la lenteur
Tu ne sens plus la peau de l'algue
Tu ne sens plus le courant
Tu ne sens plus le limon sale et la chimère à queue de poisson
L'ennui dans ton sang
C'est normal les autres aussi

Au début tu te débats
Tu pleures de colère
Tu es en haut si le banc est en bas et en bas si le banc est en haut
Au début
Tes bras tes membres tes larmes
Sans ébats

Entre deux eaux
La nasse La rivière
Tu te laisses flotter
Les autres aussi S'inquiètent
Tu regardes la rivière tu regardes la tributaire

Passer au-dessus Se jeter hors de la nasse 
Tu regardes le bord de l'eau
Têtards déjà trop tard
Tu regardes à nouveau
En sautant il te manquera de l'air tu auras peur froid sans chaleur de l'eau et les autres aussi
En sautant tu t’asphyxies une heure ou un an ou infini
En sautant tu ne sais
Et le bord de la nacelle barbelée rose
Et les cris de ta mère
Aussi disent les autres entre deux eaux morts sur le dos

26 juillet 2016

Sans histoire

Scintillant son
Eau libre
En bachat contrainte

La source au mont
Cette source-là
Avec toi je voudrais
Avec toi éternité éphémère

Eau pétillante
La seule cigale
Reine de grillons chauds
La seule eau
Un son de mouche

Vent frais sur peau
Tintement des feuilles
Eau sans cesse
Inépuisable renouveau
Semble-t-il

Capiteuse herbe qui accroche trois nuages au bleu
Demi lune translucide
Caressée de vapeurs
demi cercle silencieux
Cristallin liquide
obsédant

Avec toi je voudrais
Au roches griffer la peau
Au cœur suspendre le temps
Avec toi tu voudrais
Aussi

Pollution sonore
Dort la terre
Encore
Marguerite

Eau sans cesse, eau prouesse, eau délicatesse, oh nos oiseaux

20 juillet 2016

Chair aux noyaux noirs

Vent aux éclats de figue
Tintinnabulante
Sans gare
Silence

Chaleur aux caresses ivres
Tintinnabuli
Rappel des sens
Dessus-dessous
Sacré

Chair aux noyaux noirs
Jus acide
Tinte le soleil
Tu aimes, demande-t-il 

Herbes aux interdits
Tremblement
Eau piquante
A genoux

Pastèque aux doigts de fée
Tintement
Poêle
Verres
Crissement des œufs sur le beurre  

Lys aux cycles doux
Immobile
Osier sauvage
Au coin
Teinte de soupirs


25 juin 2016

Silence on tourne

Apnée
La baleine sort la tête
Apnée
Simone trop tard est arrivée

Toutes ces écrivaines
D'enfant
N'ont pas
Un
Peut-être
Toutes ces écrivaines

Des chaines lourdes des temps
Apnée
Des chaines d'avant
Silence
Chaque porte s'ouvre
Espoir
Apnée
Chaque porte se ferme


Tais-toi, ton malheur, ta condition, ton con, ton ventre, ta nourriture malade, tais-toi.
Tais-toi, abscons, mots faiblards, ton ventre arraché, tes dents jaunes, tais-toi
Tais les mots durs, silence, tais les mots rudes, ils ont peur
Tais-toi, la religion, les pères, les hommes savent, tais-toi et fais l'invisible
Tais-toi, rebelle

Apnée
 
Apnée Silence
On tourne ta vie

20 juin 2016

Vent vert

Penche le cœur
Branche rose aux pétales lourds des gouttes pleines
Penche la cime
Branche invincible courbée au gris des cieux

Avec les sens
De la vie
De la balle attachée
Balancier suspendu
Au grès des souffles

Il fait si vert
Que ce n'est point l'hiver
Il fait si pluie
Que c'est point l'été


Tu serais la volute de mes jours
Tu serais le vent invisible
Mais il faut toucher
Laper
Lécher
Aimer