17 septembre 2023

Aride l'ardue

On la disait aride, l’ardue
On la disait à rides, la ventrue
On ne la dit plus

On voulait qu’elle ne dansât pas la polka
On voulait qu’elle restât la fertile servile
On la voulait à la place de bégonia

l’hardie prit l’ardue, elles franchirent bobines, elles déclenchèrent menstrues en bain de sang, elles mirent pause, elles mangèrent braises, elles firent pousser ventre, l’ardue prit l’hardie, elles marchent félin, elles désertent obligations, elles fixent riants au ciel

On a dit elle est perdue
On a dit elle a vitré
On a dit méno pause
On dit c’est des vieilles
On dit c’est moche
On ne dit pas libre
On ne les dit plus

Aride prit solitude, elles demain, elles exhibent leurs rides, elles sont des millions, aride est gravé sur leur face, elles avancent besace vide, rides à pleine main, solitude prit aride par la main

On dit d’elles vieilles folles
On dit d’elles cougars
On dit vieilles biques
des vioquelles
des petites mamies

aride l’ardue à rides ventrues prit le bégonia, solitude l’hardie jeta le bégonia dans la terre, l’ardue brula l’étagère, elles prirent leurs cliques et leurs claques, adieu les loosers

25 juillet 2023

Utopiae

 Utopiae habite une maison posée sur la mer, les murs d’utopiae changent de couleur tout au long du ciel, utopiae berce les vielles douleurs, utopiae parfume les lys, utopiae appelle depuis le large,  viens à utopiae, elle sera tienne, viens écouter le ressac, viens donner la main, viens déposer ta bouée licorne, ton endroit est tout étroit alors viens boire des matins salés, viens déposer les corps libres à utopiae aux vitres sur mer, utopiae sans digue, utopiae à la brise fraiche,  viens voir les dauphins, viens danser avec les étoiles de mer, viens ton endroit est trop étroit, viens si tu veux une quelque part où toustes les placards sont ouvertes, viens habiter le maison posé sur le mer, viens les parfums marins changent de couleur tout au long du jour, viens te glisser contre nous lors des tempêtes, utopiae contemple les éclairs orageux, utopiae danse nu.e.s sous la lune, utopiae allume des feux de joie dans les cœurs, utopiae est ton quelque part, viens 


7 novembre 2022

Bernard limite

 Biographie 

Prénoms : Bernard ou Bernarde ou Claude selon le sens du ressac 

Habitat naturel : canapé, lit

Habitat obligé : bureau, cuisine, voiture 


Je suis Bernard limite et je n’aime pas prendre des risques. 

Pourtant chaque fois que je quitte mon lit, je prends des risques. Il faut respirer hors de ma flaque sans faire exploser mes branchies avec l’air vicié des obligations. Il faut prend soin de se lever de la patte gauche. C’est important pour bien commencer la journée. Puis chaque fois que je pose une patte dans un de mes cinq chaussons, je prends le risque d’enfiler le mauvais. Patte gauche, chausson jaune. Patte gauche +, chausson indigo. Patte gauche ++, chausson sable chaud. Patte gauche +++, chausson orange fluo. Patte gauche ++++, chausson gris pluie. Patte gauche +++++, chausson coquille d’huitre #1515.

A cette étape de ma biographie, vous pouvez déjà comprendre de la complexité des risques que je prends tous les matins : je ne dois pas me tromper sur le nombre de + de mes pattes. Je pourrais leur donner un prénom, mais comment être sûr qu’il plaira aux pattes ? Je n’ai aucune patte droite pour des raisons aussi bien politiques que pratique puisque je confonds la droite et la gauche. A moins que ce soit la gauche qui vire à droite. Bref, chaque fois qu’on me demande le sens de la vie, je dois prendre le risque d’indiquer la mauvaise gauche plurielle.

Tous les matins, après avoir enfin quitté ma couette, je dois enfiler à toute vitesse une coquille au risque de me dessécher. J’en ai plusieurs dans le tiroir. Certaines sont à ma taille et d’autres sont trop petites. Je ne dois pas me tromper au risque de m’étouffer. Si je mets une de mes vies d’avant, je risque de me noyer dans les tâches ménagères ou de suivre les pas d’un homme ou de me taire pour ne pas entendre hurler ma mère.

Alors, non, je ne dois pas me tromper de coquilles. Aujourd’hui, je choisis de sortir la noire à bande blanche et d’y assortir mes tatouages. Demain, quand je devrais conduire l’habitacle de ma voiture, il me faudra la coquille à bord rond bordée d’écoute et d’empathie. Après-demain, quand je devrais conduire habitacle de la cuisine, j’endosserai une coquille d’inox sur laquelle les tâches rebondissent. Le surlendemain, quand je devrais piloter un bureau de 33 tonnes, je me glisserais dans une coquille-cravate bleue. 

Aujourd’hui, je voudrais prendre le risque de dépasser l’introduction de mes textes mais je saute à la conclusion. 

Je suis Bernarde sans limites et je n’aime pas prendre des risques. Je veux rester dans mon lit sur le canapé. Alors, aujourd’hui, je sors de ma coquille pour tenter de parler à de magnifiques inconnu.e.s. puis je refuse leur 06 et leur snap. J’ai eu peur de risquer le risque de devoir envoyer un message. Quelle patte utiliser ? 


6 août 2022

Spleen

Le spleen dégouline sur les carreaux
Je laisse mon âme s'écouler
Sous un pont
Entre des piliers DM gris
S'affrontent des affiches électorales
Du jeu
Le monde s'écroule
S'écoule

Je vais au travail
Entre les immeubles
Gris et cuivré
Ils sont déjà le passé
Ils étaient un futur stable
Ils sont un passé
Déjà le bon vieux temps

Gris d'eau
Pluie d'absurde
Pourquoi me battre pour ces immeubles qui disparaissent
Je ne suis qu'une voiture dans la foule
Qu'un pion dans un bouchon

J'ai chaud
Je n'ai pas froid
Je suis au sec
Je ne suis pas mouillée
J'ai une jolie robe
Voilà le fruit de mon travail qui se créer rien, qui n'avance à rien, qui ne fait bouger les immeubles, qui ne plantent ni arbre ni rivière, qui ne nourrit personne, qui construit les ponts gris et les immeubles figés 

15 juin 2022

Quand je m’ennuie

Quand je m’ennuie, je mange
Quand je mange, je m’en veux
Quand je m’en veux, je n’en veux plus
Quand je n’en veux plus, je n’en peux plus
Quand je n’en peux plus, je ne fais rien
Rien pour me reposer
Quand je ne fais rien, je m’ennuie
Quand je m’ennuie, je mange
Quand je mange, je m’en veux
Quand je m’en veux, je grossis tout
Quand je grossis tout, je broie du noir
Quand je broie du noir, je mange
Quand je mange, je m’en veux
Quand je mange, je grossis
Quand je grossis, je m’en veux
Quand je m’en veux, je n’en peux plus 
Quand je n’en peux plus, je m’en veux
De ne pas me reposer
De grossir à rien faire du tout
Quand je ne fais rien, je mange
Quand je mange, je grossis
Quand je grossis, je suis trop serrée
Quand je suis trop serrée, je n’en peux plus
Quand je n’en peux plus, je n’en veux plus 
Quand j’en veux plus, je veux tout
Quand je veux tout, je rêve
Quand je rêve, je m’ennuie 
Quand je m’ennuie, je mange
Quand je veux tout, je me décourage
Quand je me décourage, je mange
Quand je mange tout le temps
Je manque de temps
Quand je manque de temps, je veux tout
Quand je mange du temps, j’en manque
Quand j’en manque, j’en fais
Quand j’en fais trop, je n’en peux plus
Quand je n’en peux plus, je n’en veux plus

Quand je n’eux veux plus, je jette
Quand je jette, je le regrette
Quand je le regrette, je le rejette
Quand je me rejette, je m’en veux
Quand je m’en veux, je mange
Quand je mange, je m’en veux
Quand je m’en veux, je mange
Quand je mange, je grossis
Quand je grossis, je m’en veux
Ah ça je m’ennuie presque plus quand je mange du temps en écrivant 
Quand j’écris, je m’enfuis
Quand je m’enfuis, je rêve
Quand je rêve, je suis bien
Quand je suis bien, je m’ennuie
Quand je m’ennuie, je mange  
Quand je mange, j’aime bien
Quand j’aime bien, je suis bien
Quand je suis bien, je ne sais pas quoi faire
Quand je ne sais pas quoi faire, je m’ennuie
vous avez compris, ça donne le tournis

Quand on s'ennuie, on se dit stop
Quand on entend destop , on pense
Ennuis de tuyauterie
Quand on a des ennuis, on se dit
Pourquoi mon siphon déconne
Quand l'siphon déconne, on pue
Quand on pue, on mets du deo
Quand on met du deo, on se bousille
les aisselles avec ou sans poils
Quand on se bousille, on déconne
Quand on déconne, on siphonne Simone
On lui refait la tuyauterie
On lui siphonne le savoir 
Quand on a Simone, on a beau voir
on a beau l'savoir, on est sur le cul
de tant d'inégalités
Quand c'est inégal ce n'est pas normal 
Quand ce n'est pas normal, on est sur l'cul 
Quand on est sur cul, on est assis
Quand on est assis, on est pas debout
Quand on est pas debout, on est sur le canap 
Quand on est sur le canap, on decap au destop
Quand on dit stop, on ne joue pas
Quand elle joue du piano debout
Elle lit du Simone assise sur un tuyau 
Quand elle lit, elle ne rammone pas 
Quand elle ne ramonne pas, elle ne jouit pas
Quand elle ne jouit pas, elle mets un doigt
Quand elle met un doigt, elle ne travaille pas
Quand elle ne travaille pas, elle jouit