5 janvier 2019
Cœur étirable
Il faudrait poser du film étirable sur le cœur avant de le remettre au frigo. Il ne prendrait pas les odeurs. Il ne s'enflamerait pas au moindre coup de vent marin. Dans un petit bol de terre cuite, il resterait propre et sans risque de contamination.
3 janvier 2019
Mots doux
Dis moi les mots doux
Parle de rien
Ta voix berce mon sein
Dis moi les bruits du vent
Et les gazouillis de la rivière
Dans mes poches se sont nichées les larmes des autres, lourdes d'injustices, violentes tempêtes de dépression, abandonnées par les puissants, frappées de misère et de violences conjugales. Ces larmes, certains soirs, je les rends à la terre, impuissante.
Dis moi doux
Rien
Du silence à même la peau
Rien faire
Ta voix clapote indolente légère souple
Parle de rien
Ta voix berce mon sein
Dis moi les bruits du vent
Et les gazouillis de la rivière
Dans mes poches se sont nichées les larmes des autres, lourdes d'injustices, violentes tempêtes de dépression, abandonnées par les puissants, frappées de misère et de violences conjugales. Ces larmes, certains soirs, je les rends à la terre, impuissante.
Dis moi doux
Rien
Du silence à même la peau
Rien faire
Ta voix clapote indolente légère souple
17 décembre 2018
Puit
J'ai peur qu'il n'y ait plus de puit au bout de la nuit. Comment être sûr que l'eau ne s'envole pas ? Est-ce que le seau remontera ? Est-ce que la mer sera toujours au port ? Est-ce que tu seras encore là à la prochaine marée ?
8 décembre 2018
Affût
Au bord du coeur était posée l'attente
Plus les heures grignotent le jour
Plus le cœur se rouille
Il ne fallait rien faire
Attendre sans destination connue
Il manquait d'air
Attendre est le lot des amours égarées au bord de la mer
Ni lire ni écrire ni soupir
Silence
Vague
Plus les heures grignotent le jour
Plus le cœur se rouille
Il ne fallait rien faire
Attendre sans destination connue
Il manquait d'air
Attendre est le lot des amours égarées au bord de la mer
Ni lire ni écrire ni soupir
Silence
Vague
25 novembre 2018
Excelle !
Au tableau de bord projeté sur le mur souple et blanc qui s'enroule d'un coup de bouton ils s'accrochent
A cœur de tableau sont rangés des chiffres il parait qu'on est dans la moyenne de quelle moyenne on parle les chiffres ne le disent jamais le réel ils disent d'autres tableaux mais les chefs sont content on est dans la moyenne on travaille pour faire des normes dans la moyenne du tableau
A cœur de tableau sont rangés des chiffres il parait qu'on est dans la moyenne de quelle moyenne on parle les chiffres ne le disent jamais le réel ils disent d'autres tableaux mais les chefs sont content on est dans la moyenne on travaille pour faire des normes dans la moyenne du tableau
Au bord de la fenêtre la cour est pleine de cailloux blancs le ciel se
tient au-dessus des murs gris pale les vitres sont rayées d'opaque
Sur les rebord du zèbre de glace l'air libre est un souvenir dès le badge
Sur les rebord du zèbre de glace l'air libre est un souvenir dès le badge
A bord de leur chaise ils rient les chiffres la moyenne ils épiloguent la moyenne ils y croient il faudra faire mieux mais on est dans la moyenne ils disent que c'est nous qui l'avons fait ils disent que c'est presque bien
Au bord de la chaise l'air frais appelle le ciel hurle qu'il faut dépasser les murs du tableau on éteint le ciel en fermant les rideaux la lumière cache le tableau projeté sur le mur blanc et souple qu'on peut enrouler d'un coup de bouton
Dehors l'arc ciel s'est pris dans un phare
Dehors l'arc en ciel attend que le feu passe au vert
Dehors les néons rose et jaune dansent sur une flaque d'eau
Dehors une seule feuille rouge rit sur une branche
Dehors la lumière tangue sur une mèche rousse
Dehors l'herbe déroge aux règles entre les cailloux blancs
Dehors les zèbres broutent les chiffres
Dehors le ciel a éteint les tableaux
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