22 octobre 2016

Les savonnettes.




Le jour où je suis entrée dans la maison près de la route, elle était nationale et dangereuse dans mon enfance, elle est un dos d’âne aujourd’hui que j’ai su pourquoi tu ne voulais pas. Ils non elles, elles disaient que tu ne voulais pas qu’on vienne. Je portais la honte de ne pas être de celles qui ont le droit de savoir. Elles avaient honte de l’état de la maison. Il avait honte peut-être lui aussi du dedans de sa fragilité.

Il y avait une allée pour traverser le couloir, une haie d’honneur de trésors. Ils avaient, elles avaient honte de tes poussières accumulées. J’ai pensé à la boîte à chaussures de mon frère, c’est la boite cité dans le film. La boite à chaussures. Je collectionne les boîtes à chaussures. On peut tout y ranger, les produits de beautés, les petites culottes, ne jamais être à court de petites culottes c’est vital, c’est une folie, tous ces objets.

Je range mon bureau. J’ouvre la porte de l’armoire, et dans une boîte et en dehors de la boîte, et sous l’armoire d’autres boîtes et dans les boîtes des savonnettes, des tonnes de savonnettes encore emballées. J’ai vendu des savonnettes, il en reste dans un carton dans mon armoire. J’ai récupéré des savonnettes dans les hôtels, et j’ai mis ma fierté à les utiliser pour qu’à ma mort, ils et elles en trouvent pas des tonnes de papiers sentant le savon neuf. Ou peut-être que c’est faux. Des carrées, des rectangles et des rondes. J’aurais dû lire ton histoire sur les étiquettes. Je n’y ai pas pensé. Alors sur les autres savons, je tente de lire ton absence.

14 octobre 2016

Ventre

Ressac profond, puissant appel, phare, amour conjugué, jalousie mordante, l'âme a du ventre
Flux nerveux Inspire la voix Expire noir
Coucher sur le flan au tapis persan il attend
Elle entend

Derrière le vent les larmes séchées
Au téléphone les mots décochés de leur sens
Une voix seule se raccroche au clou de la porte
La serrure est large, elle n'a pas emporté la clef

Rêves habités de roches dures et de panier plein
Troubles confus en bout de ligne
Images rappées aux rochers blancs
Chaque caillou trouve sa place sur le ventre

Peau tapie, bras engourdis, draps de soie, souffles fêlés, l'âme se repait



8 octobre 2016

Pas encore

Gravir des papiers
Derrière la montagne, herbe verte toujours plus que la mer
Meule 

Ici la terre en demi-saison
Sous-solage
Terre craquée
Rien n'est prêt
Pomme verte toujours plus ailleurs

Chair absconse, grasse terre féconde
Mûre elle tombe
Fleurs
Quand l'hiver aura tué les vers

Ici la saison est en terre
Gravir des montagnes
Avaler des papiers de bois secs
Ne rien
Ressac

11 septembre 2016

Onze quinze ans

Ventre plein
Faire des enfants
Sans savoir que nous étions déjà du temps d'avant
Avant les tours

Enceintes de géants
Nous ne savions pas que notre paix
Accoucherait
De monstres

Albatros aux ailes blanches
Ils se sont écrasés
De nos ventripotents a éclaté la poussière
Grise


7 septembre 2016

Brûler Out

Profond épuisement sans seau au bord de la margelle
la seule corde tendue
pour lyncher


Solitude sans fond pour le mouton noirci aujourd’hui
la seule main tendue
va-t-en  

En silence dans les instances le caillou fait des ronds
dans l'eau
un peu

Il est parti, elle est parti, ils sont partis, l'eau recouvre
leurs ondes
dedans

Larmes

dehors
lumière nouvelle
L'air est frais ce matin au bord de la margelle