20 août 2016

Salamandre

(réponse : jusqu'à ce que le sommeil vous sépare)
  Les amours d'été s'arrêtent à quel automne ?
  Le chemin de fer a le mal d'amour. Comment revient-on au pays ?

 Dans la cour même les cigales font silence aux amants
 Les glaces fondent seules au monde en foule d'été
 La lumière du soir caresse les mains données
 Et le sourire fond du cœur

 Là, dans l'instant, je t'aime
 Sait-on jamais si on jouit pour toujours
 Déjà ta peau manque
 Et tes yeux mouvants à s'y enliser
 Doux, dominant, soumis, amoureux, tout

 Sous la trappe, j'ai serré ton corps
 Sous la cuisine, ton silence et le bruit de peaux
 Gémir aux herbes mouillées
 Perdre dans tes yeux le vert jouir
 Tout ça aussi

 D'un coup de train, l'été s'en allé jusqu'au chat écrasé
 (il vaut mieux écraser une framboise, on peut en faire une confiture)
 (à déguster tiède l'hiver)

2 août 2016

Séquence

Silence intime
Souffrance partagée
C'est tout ce qui reste
Mutuel

Paroles au son de quarantaine
Silences qui font lois
Croyances éternelles
Cris sinon
Mots ravalés
Ils disent la liberté, ils disent eux les autres font ainsi, ils disent nous on sait, ils disent la souffrance est sous leurs yeux, ils ont des yeux mais ne peuvent voir, ils parlent encore, ils savent

Pourquoi sans raison
Aucun mot se devrait
Juste celui
Blanc
Muet presque

Pourtant de bonheur l'eau tinte
De soleil les herbes dansent
De joie les cigales chantent
Tout l'été 

Pourtant de bonté il est barque
Toute l'année 

Sortir de la salle en silence
Abasourdis
La belle histoire
La prestance
La vie cette vie-là
C'était beau.
Doux aussi
Dur
La vie cette vie-là
Fin

30 juillet 2016

Tributaire

Au début poisson Tu t'ébats
Au début sans air
Tes bras, tes membres
En colère Tu te débats

La main te regarde
C'est la nature
La main dit
ça va passer
Tu es gluant pourtant poisseux sale tes écailles déjà ont perdues la couleur

Peu à peu
Secondes à secondes
Interminable langueur
Tes ébats rompus
La lenteur dans ton sang
Tu ne sens plus rien
Ni l'eau vive ni le vent

La main attend l'apaisement
C'est normal Petit poisson
L’asphyxie passe tu sais

Flop
Dans la nasse
Flop avec les autres dans le grillage
De l'air enfin, tu vois la rivière tu crois tu y es encore
Tu crois que tu y vas encore
C'est normal les autres aussi
Flop flop flop flop
C'est petit dis-tu
Et les grenouilles pondent des œufs

Le sang est la lenteur
Tu ne sens plus la peau de l'algue
Tu ne sens plus le courant
Tu ne sens plus le limon sale et la chimère à queue de poisson
L'ennui dans ton sang
C'est normal les autres aussi

Au début tu te débats
Tu pleures de colère
Tu es en haut si le banc est en bas et en bas si le banc est en haut
Au début
Tes bras tes membres tes larmes
Sans ébats

Entre deux eaux
La nasse La rivière
Tu te laisses flotter
Les autres aussi S'inquiètent
Tu regardes la rivière tu regardes la tributaire

Passer au-dessus Se jeter hors de la nasse 
Tu regardes le bord de l'eau
Têtards déjà trop tard
Tu regardes à nouveau
En sautant il te manquera de l'air tu auras peur froid sans chaleur de l'eau et les autres aussi
En sautant tu t’asphyxies une heure ou un an ou infini
En sautant tu ne sais
Et le bord de la nacelle barbelée rose
Et les cris de ta mère
Aussi disent les autres entre deux eaux morts sur le dos

26 juillet 2016

Sans histoire

Scintillant son
Eau libre
En bachat contrainte

La source au mont
Cette source-là
Avec toi je voudrais
Avec toi éternité éphémère

Eau pétillante
La seule cigale
Reine de grillons chauds
La seule eau
Un son de mouche

Vent frais sur peau
Tintement des feuilles
Eau sans cesse
Inépuisable renouveau
Semble-t-il

Capiteuse herbe qui accroche trois nuages au bleu
Demi lune translucide
Caressée de vapeurs
demi cercle silencieux
Cristallin liquide
obsédant

Avec toi je voudrais
Au roches griffer la peau
Au cœur suspendre le temps
Avec toi tu voudrais
Aussi

Pollution sonore
Dort la terre
Encore
Marguerite

Eau sans cesse, eau prouesse, eau délicatesse, oh nos oiseaux

20 juillet 2016

Chair aux noyaux noirs

Vent aux éclats de figue
Tintinnabulante
Sans gare
Silence

Chaleur aux caresses ivres
Tintinnabuli
Rappel des sens
Dessus-dessous
Sacré

Chair aux noyaux noirs
Jus acide
Tinte le soleil
Tu aimes, demande-t-il 

Herbes aux interdits
Tremblement
Eau piquante
A genoux

Pastèque aux doigts de fée
Tintement
Poêle
Verres
Crissement des œufs sur le beurre  

Lys aux cycles doux
Immobile
Osier sauvage
Au coin
Teinte de soupirs